
Nature Environnement
BTS gestion et protection de la nature
Actualités du BTS
LUNDI
Départ du lycée de Poisy au petit matin d’un lundi de mai suivi de la descente du couloir du Rhône ponctué par les inévitables haltes : pauses réglementaires pour la conductrice Corinne ou indispensables passes de ballon de rugby sur les aires d’autoroute ?
14heures : les casse croutes à peine finis et avant que la torpeur méridionale ne s’installe, Jean Laurent LUCCHESI directeur des Marais du Vigueirat explique la démarche de protection et de gestion de cette immense propriété du Conservatoire du Littoral : implication d’une agriculture locale construite sur l’élevage du taureau, d’une population rurale plutôt en difficulté sociale, d’une commune d’Arles très étendue et pour laquelle les marais du Vigueirat constituent le deuxième employeur sur le territoire.
Après une présentation complémentaire par le garde Grégoire MASSEZ, la nuit se passera au cœur du marais entre la sonorité profonde du grand butor et les piétinements des troupeaux proches.
MARDI
Une grande matinée pour comprendre sur le terrain la gestion du site par le pâturage et la maitrise des niveaux hydrauliques et les conséquences en terme de diversité biologique. Puis le projet d’accueil de 100 000 visiteurs/an basé sur le développement durable étudié dans le cadre du programme européen « promesse » : maitrise des déchets par le tri, isolation des bâtiments anciens avec écotechniques pour la maitrise de l’énergie, production d’énergies renouvelables (éolien, solaire), gestion des accès par bateau sur le canal et navettes depuis le village de Mas Thibert.
Il est temps de quitter crabier chevelu et cisticole des joncs pour faire un grand écart entre l’Est et l’Ouest du delta de la Camargue et rejoindre l’inattendu domaine de Sylvéréal au bord du petit Rhône, ancienne demeure des moines puis site aquacole repéré par Bernard BACHASSON. Le technicien de la fédération des chasseurs du Gard développe la question cynégétique entre chasse au gibier d’eau et problématique plus récente du sanglier de la garrigue.
MERCREDI
Le soleil est déjà levé quand les volets claquent contre les façades du centre de Mèze face à ce que certains esprits à peine réveillés identifient comme la grande bleue : pas tout à fait. Nous sommes au bord de l’étang de Thau : plus justement, appelé la lagune de Thau. Marinna CORREIA nous attend pour une découverte de la grande diversité en espèces du marais saumâtre. Une pêche à pied permet une « razzia » scientifique d’une petite frange littorale : oursin, labre, syngnathe (cousin de l’hippocampe), blennie, aplysie ou lièvre de mer et sepiola (mollusques)…
La pause de midi chez Annie CASTALDO restera dans les mémoires étudiantes : les bassines de moules cuites au feu et aromatisées aux épices se succèdent à bon train englouties par la quinzième promo des GPN de Poisy. La conchylicultrice de Marseillant peut expliquer le lien entre production extensive, qualité de l’eau de la lagune et aménagement du territoire. Le soleil commence à chauffer dans l’azur quand le car longe le cordon littoral : lido entre la mer et la lagune.
Montée épique par la route tortueuse du belvédère du Mont Saint Clair où nous attend Alix BONDUELLE du Centre Permanent d’Initiative pour l’Environnement. Ce territoire en plein développement saura-t-il bénéficier de la cohérence entre Natura 2000, SCOT, SAGE procédures toutes trois portées par le Syndicat mixte du bassin de Thau ?
JEUDI
Il faut à nouveau boucler les sacs, charger jumelles et longues vues pour retrouver Xavier RUFFRAY du Conservatoire des Espaces Naturels CREN Languedoc Roussillon. Les anciens salins de Castellas font l’objet d’une restauration et d’une gestion en faveur des steppes salées à limonium (saladelle), des mares temporaires à althenia et des îlots sur lesquels niche la sterne caugek.
La route est longue entre garrigues littorales, vallée du Rhône retrouvée puis la longue remontée des gorges de l’Eygue avant de rejoindre le gîte de caractère des Curebiasses au cœur des ruelles de Remuzat. Les premiers vols de vautours fauves remplissent le ciel des Baronnies…
VENDREDI
Gilles RAYE nous attend pour grimper les contreforts de la montagne de Buègue où nichent les « griffons » avec leurs presque trois mètres d’envergure. Plongée dans la flore de la garrigue, interrompue par l’observation d’une femelle de chamois peut-être prête à mettre bas sur cette vire escarpée. Un chevreuil discret se cache entre genévrier de Phénicie, citise et pistachier. Une silhouette de vautour un peu plus voutée : le « moine » nous accorde un passage tranquille au milieu des cousins « fauves ». L’arrivée sur le plateau permet d’aborder les questions de gestion des cultures de lavandes abandonnées. La recherche des orchidées conduit le groupe jusqu’à une petite station d’ophrys de la Drôme qu’il faut quitter pour redescendre à vive allure avant l’orage de fin d’après midi.
Il ne faut pas longtemps pour que la torpeur envahisse chacun sur la route du retour vers Poisy.